Germain Louvet sacré danseur étoile

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Après avoir fait une représentation du Lac des Cygnes, Stéphane Lissner, directeur de l’Opéra national de Paris a donné une promotion au danseur de 23 ans.

Se positionner sur la ligne de crête. Celle qui court au-dedans d’elle-même où la fêlure zèbre l’être. Se tenir debout en équilibre et en mouvement. Sentir la boule des larmes prête à exploser et les violons frémir. Souvent pleurer, mais danser près de cette faille, « sur mes tendretés et mes crises afin que cela transparaisse et que le public en soit impacté » avoue t-il.

C’est de cette manière que Germain Louvet fait une analyse de son état d’esprit quand il incarne le rôle de prince du répertoire. C’est le troisième rôle qu’il interprète. Benjamin Millepied l’avait partagé en Casse-Noisette et en Roméo. Cette fois, c’est en interprétant le rôle de Siegfried qu’il est devient «étoile», alors qu’il n’a que 23 ans.

Ne pensez pas qu’il soit névrosé ou encore déprimé. Il brille et est très heureux d’être émotif. « Je me suis mis en pression pour participer à ce concours de promotion du ballet. La veille, je me suis réveillé avec un stress, alors que cela m’arrive très rarement. Toute le monde disait que j’allais obtenir une promotion et cette vérité me paraissait terrible. Il faut dire que c’est un concours, un combat contre soi-même il est possible de perdre » reconnaît-t-il. Il dirige donc ses démons. Un jour quand il dansait Giselle à Moscou avec une petite compagnie, il a été abattu par le décès de sa partenaire.

Il se posait la question de savoir s’il allait pouvoir s’en sortir en interprétant le deuxième acte «et lorsque j’ai dansé Roméo je ne pouvais plus pleurer car mes yeux étaient asséchés, mais j’étais certains que je n’existais plus ».

Il est exceptionnel, malgré le fait qu’il soit jeune, il reste dans la poésie et ce qui est le plus touchant, c’est le fait qu’il laisse les teintes diaprer. « Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours voulu danser ».

L'auteur

Katy

Journaliste